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 Actualité de la filière

RELANCE DE LA FILIERE DES RAISINS DE TABLE

35 000 tonnes de raisin de table produits en 1968, 3000 tonnes en 2002, deux fois moins de producteurs entre 1980 et 2000...La filière du raisin de table sur le Clermontais souffre. Pourtant, la motivation est présente, la qualité aussi. Quelles sont les difficultés de ces producteurs aujourd'hui? Est-ce un problème de positionnement, de lisibilité?
Un groupe d'élèves motivés de l'ENITA de Bordeaux s'est penché sur la question à la demande de l'Association Terres Vivantes 34. Celle-ci a proposé cette étude dans le cadre d’un projet de pays, projet bénéficiant du soutien du Conseil Général dans un objectif de restructuration de la filière. La conférence s'est tenue le 27 avril dans les locaux de la Communauté de Communes du Clermontais, réunissant producteurs, étudiants, élus, organismes publics (Conseil Général de l'Hérault et CIVAM) et autres professionnels. Etat des lieux.

L'étude menée par les élèves de l'ENITA s'est attaquée aux organes moteurs de la filière, analysant point par point les forces et les faiblesses du secteur. Une première enquête menée auprès des distributeurs et des commerçants a permis de mesurer leur motivation à s'approvisionner chez les producteurs du bassin Clermontais en raisins de bouche. Visiblement, le désir de distribuer des produits du terroir est bien présent, du moins pour ceux qui s'approvisionnent sans l'intermédiaire de centrales d'achat. En revanche, l'absence d'un organe de commercialisation commun (un interlocuteur unique pour les commerçants) a révélé quelques réticences. Les producteurs se sont accordés à dire que le syndicat existant n'était pas assez efficace sur le plan de la cohésion et de la distribution.
Ne disposant que de deux expéditeurs (dont l'un est largement majoritaire), inscrits dans une démarche individuelle, isolés, les producteurs de raisin de bouche sont moins forts et moins efficaces sur un plan économique mais aussi identitaire.

Pas facile d'adresser le marché professionnel de façon individuelle et d'envisager une réelle rentabilité. Par ailleurs, les commerçants ont manifesté une nécessité de pouvoir fournir des produits sur une période plus longue : c'est ainsi que les raisins italiens innondent les rayons, leur climat étant plus favorable à une telle production.

Une seconde enquête a été menée auprès de 268 consommateurs locaux. Globalement, il est apparu que les personnes interrogées éprouvaient une vraie sensibilité pour les produits authentiques, et particulièrement locaux.
A contrario, les préférences alimentaires (souvent mentionnées par les jeunes consommateurs) semblent résolument modernes : ainsi la préférence irait à un raisin plutôt blanc, de grosse taille et sans pépins...Constat douloureux quand on sait que ce type de raisin a une place quasi monopolistique dans les rayons aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années. Coup dur pour la biodiversité...Sachant qu'un regain pour les produits traditionnels et variés revient outre-Atlantique, il y a donc espoir que les autres variétés de raisins puissent perdurer.

Faut-il donc conclure qu'il existe deux marchés pour le raisin de table? Les producteurs sont en mesure de fournir ces deux marchés et leur motivation a été particulièrement ressentie lors de cette conférence. Ils (et elles) sont prêts (prêtes) à relever les défis et ils ont le savoir-faire. L'affection que porte les consommateurs pour les produits plus authentiques, ces acheteurs "pro-bio" ou "pro-origines" ne pourraient-ils pas être satisfaits avec une communication renforcée, une charte de qualité ou des labels pour mieux s'y retrouver?

Le résultat de ces enquêtes a fait apparaître la qualification et la passion des producteurs locaux, tout en touchant du doight les faiblesses de la filière, essentiellement ressenties sur un plan structurel.
La difficulté à commercialiser les produits nuit au développement de la production et pour s'assurer de la revente des raisins les producteurs s'inscrivent dans une logique tant arboricole (pour les raisins de bouche) que viticole (pour écouler le reste de la production en raisins de cuve). Evidemment, pour ce faire, ils doivent continuer à exploiter des cépages à double-fin qui réduisent les possibilités en termes de diversification pour le marché du raisin de bouche. L'exploitation des cépages à double-fin permet aussi d'avoir accès aux aides européennes. Mais des aides existent aussi pour la filière des raisins de bouche (dans le cadre arboricole) mais seule l'existance d'une structure commerciale peut en faire bénéficier. Estelle Olive (Terres Vivantes 34) est intervenue à ce titre pour rappeler la création récente du Groupement d'Intérêt Economique du navet de Pardailhan, un regroupement réussi qui a su créer un marché de niche. La filière demande de l'aide et des solutions, les producteurs sont volontaires et disposés à partir sur de nouvelles bases. Charlaine Joulié (Direction de l'Agriculture et du Développement Rural du Conseil Général de l'Hérault) assure que le département sera attentif à l’accompagnement des initiatives qui seront portées par un collectif de producteurs. La création d’une nouvelle structure et la définition d'une charte de qualité paraissent donc être les premières pierres nécessaires à la redynamisation de la filière. La Chambre d'Agriculture ainsi que les CIVAM prévoient d'aider la filière via une expertise technique et des formations.

Nous espérons que cette étude aidera les producteurs du Clermontais à propulser la filière car la compétence est là. Affaire à suivre.>>>>

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